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Selon le dernier rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR) *, un salarié non-cadre né en 1955 touche à la retraite l’équivalent de 75% de son dernier salaire. Chez un cadre, le taux de remplacement se situe plutôt autour de 50%. C’est dire si le passage à la retraite signifie une perte importante de pouvoir d’achat.

Heureusement, il existe plusieurs dispositifs pour maintenir son niveau de vie à la retraite. Il faut commencer à investir tôt dans ces placements, afin qu’ils puissent délivrer un complément de revenu suffisant à la retraite. Il est ainsi conseillé d’envisager un placement pour la retraite à partir de 40 ans.

L’épargne retraite 

Il existe des produits dédiés spécifiquement à la préparation de la retraite, comme le plan d’épargne retraite populaire (Perp) et le contrat de retraite Madelin. Ces placements financiers ont été remplacés le 1er octobre 2020 par le nouveau plan d’épargne retraite (PER). Créé par la loi Pacte (pour Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), le PER propose, au moment du départ à la retraite, une sortie en capital, en rente viagère (une somme régulièrement versée jusqu’au décès de l’assuré), ou à la fois en capital et en rente.

Le principal atout du PER est qu’il offre une déduction des versements volontaires du revenu imposable. Cet avantage fiscal est, toutefois, plafonné. Par ailleurs, l’épargnant doit avoir conscience que les fonds placés  sur un PER sont normalement bloqués jusqu’à son départ à la retraite. Des déblocages anticipés sont, toutefois, prévus en cas d’accident de la vie, comme le décès du conjoint ou du partenaire de Pacs, ou pour l’acquisition de sa résidence principale.

L’assurance vie 

Plusieurs études montrent que le premier motif de souscription d’un contrat d’assurance vie est la préparation à la retraite. A juste titre puisque, contrairement au Livret A, son encours (le cumul des versements majoré des intérêts annuels et des plus-values) n’est pas plafonné.

Par rapport au PER, l’assurance vie présente l’avantage d’être un placement entièrement « liquide » : l’épargnant peut effectuer des rachats quand il le souhaite. Il peut même programmer des rachats partiels et percevoir ainsi régulièrement des sommes d’argent à compter de son départ à la retraite. Il est là aussi conseillé de souscrire une assurance vie longtemps à l’avance.

A partir de huit ans de détention, les gains issus des rachats peuvent bénéficier, d’un prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) de seulement 7,5 % (pour les versements inférieurs ou égaux à 150 000 euros) auquel il faut ajouter les prélèvements sociaux (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité) de 17,2%. Soit une imposition globale de 24,7%, contre 30% de prélèvement forfaitaire unique (PFU) pour les rachats effectués sur des contrats ouverts depuis moins de huit ans.

Au moment du départ à la retraite, le souscripteur peut choisir de sortir en rente viagère. Il profite alors d’une imposition allégée. La fiscalité des rentes dépend de l’âge de la perception de la première prestation. Si le rentier la perçoit entre 50 et 59 ans, 50% de la rente est imposé. Le taux tombe à 40% entre 60 et 69 ans et à 30% à 70 ans et plus.

Si le retraité n’a pas épuisé l’encours de son assurance vie à son décès, les capitaux sont transmis aux personnes de son choix mentionnées dans la clause bénéficiaire de son contrat. Les bénéficiaires désignés profitent d’un abattement de 152.500 euros chacun sur les sommes générées par les primes versées avant les 70 ans du souscripteur décédé. L’abattement est commun à tous les bénéficiaires et est abaissé à 30.500 euros pour les primes versées après 70 ans. L’ensemble des plus-values du contrat est exonéré.

L’immobilier locatif 

Acheter un appartement et le louer représente un bon moyen de se constituer un revenu de complément à la retraite. Dans un premier temps, les loyers perçus viendront rembourser les mensualités du crédit immobilier. Une fois l’emprunt remboursé, ils constitueront un revenu récurrent, particulièrement utile à la retraite.

Les dispositifs d’investissement locatif partiellement défiscalisé, du type Pinel, permettent, en outre, de réduire son impôt sur le revenu. Il faut toutefois savoir que pour profiter de ces dispositifs, le bailleur doit notamment s’engager à louer son bien durant une durée minimum (6, 9 ou 12 ans) et à appliquer des loyers plafonnés.

D’une manière générale, l’investisseur immobilier doit savoir que ses revenus locatifs seront imposés, qu’il devra payer la taxe foncière et financer les travaux d’entretien et de rénovation. Ces dépenses peuvent être d’autant plus lourdes à assumer qu’un bailleur peut faire face à des vacances locatives de son logement.

L’autre solution pour investir dans l’immobilier locatif est d’acquérir des parts dans une société civile de placement immobilier (SCPI). Non seulement il suffit de quelques centaines d’euros pour acheter des parts de SCPI, mais c’est la société de gestion qui s’occupe des relations avec les locataires et des éventuels travaux à effectuer. Investie dans des bureaux, des entrepôts, des commerces, des résidences étudiantes ou encore des maisons de retraite, la « pierre papier » offre généralement une rentabilité supérieure à celle de l’immobilier d’habitation. Seuls points négatifs : les frais de gestion  peuvent être élevés et les parts de SCPI sont difficiles à revendre.
 

* rapport annuel du COR du 13 juin 2019 : https://www.cor-retraites.fr/sites/default/files/2019-06/doc-4646.pdf