Un de vos proches perd en autonomie et vous envisagez une mesure de protection juridique ? Entre habilitation familiale, curatelle, tutelle ou sauvegarde de justice, il n'est pas toujours simple de s'y retrouver. Découvrez les différences entre ces mesures et le déroulé, étape par étape, d'une mise sous protection.
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Publié le 18 mai 2026
A cause d'une altération de ses facultés cognitives, un parent âgé dont les fonctions cérébrales sont en déclin, un enfant majeur en situation de handicap, un frère ou une sœur diminué(e) après un accident sont parfois dans l'incapacité de gérer des actes du quotidien et de prendre des décisions de la vie courante.
En fonction du degré de vulnérabilité, différentes mesures de protection judiciaires peuvent être mises en place : l'habilitation familiale, la sauvegarde de justice, la mise sous curatelle ou la mise sous tutelle.
La sauvegarde de justice est une protection de courte durée qui ne peut dépasser un an, renouvelable une fois maximum, et la personne sous sauvegarde de justice conserve l'exercice de ses droits.
On distingue deux types de sauvegarde :
En cas de décision ou d'action contraire aux intérêts de la personne protégée, le mandataire spécial ou le Procureur de la République, selon le type de sauvegarde mis en place, peut la contester en vue de son annulation ou d'une mesure corrective. La vente d'un terrain à bâtir peut être dénoncée, par exemple si des pressions ont été exercées ou si le prix de vente est inférieur au marché.
Pour des personnes ayant besoin d'être assistées pour certains actes, la curatelle permet de moduler le degré de protection :
La curatelle ne peut excéder 5 ans, renouvelable pour 5 ans ou pour 20 ans si l'état de la personne protégée n'est pas susceptible de s'améliorer.
La tutelle est la mesure la plus protectrice et suppose une altération grave et durable de l'état psychique et/ou physique de la personne protégée.
La personne sous tutelle reste libre de :
Le tuteur se substitue au majeur protégé pour des démarches administratives, financières et juridiques :
Certains actes nécessitent l'approbation du juge :
La tutelle ne peut excéder 5 ans, renouvelable pour 5 ans. Si l'altération des facultés de la personne protégée ne laisse entrevoir aucune amélioration, le juge peut prononcer une tutelle de 10 ans avec un renouvellement ne pouvant excéder 20 ans.
Une demande de mesure de protection peut émaner :
Pour instaurer une mesure de protection, il faut adresser une demande au juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire, anciennement juge des tutelles, du lieu de résidence de la personne à protéger. Le dossier doit comporter le formulaire Cerfa N°15891*03 et un certificat médical circonstancié rédigé par un médecin inscrit sur une liste établie par le Procureur de la République.
Le juge auditionne la personne à protéger et le demandeur, et éventuellement d'autres personnes (famille, médecin traitant…) avant de rendre sa décision lors d'une audience qui précise la durée de la mesure, les actes que la personne protégée peut réaliser seule ou non, et le mandataire spécial, curateur ou tuteur désigné.
Un appel peut être exercé dans un délai de 15 jours.
Le juge choisit en priorité le mandataire spécial, curateur ou tuteur parmi les proches. Si c'est impossible, en raison du contexte familial ou par refus, un mandataire judiciaire à la protection des majeurs, une personne/service de l'établissement de santé de la personne protégée ou une association de protection des majeurs sera désigné.
Une mesure de curatelle ou de tutelle donne lieu à une inscription portée en marge de l'acte de naissance de la personne protégée.