Transmettre un capital à ses proches est l’un des objectifs les plus courants de l'assurance vie. Pourtant, chaque année, des sommes considérables restent non réclamées en France, faute d'information ou de vigilance. Ce phénomène de déshérence peut toucher n'importe quel contrat. Adopter les bons réflexes et connaître les recours disponibles permet, dans la grande majorité des cas, d'éviter qu’un capital soigneusement construit pendant des années se perde dans les méandres administratifs.
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Publié le 02 septembre 2026
Un contrat d'assurance vie est dit « en déshérence » lorsque le capital constitué ne peut pas être versé après le décès de l'adhérent, faute de bénéficiaire identifié ou joignable. La somme destinée à des proches reste alors bloquée, parfois pendant des années.
La déshérence survient le plus souvent pour des raisons simples et anticipables. Le bénéficiaire n'a pas été informé de l'existence du contrat. La clause bénéficiaire est trop vague ou n'a pas été mise à jour après un événement de vie (mariage, divorce, naissance, décès d'un proche). Parfois, l'assureur ne parvient pas à joindre les parties concernées, faute de coordonnées actualisées. Chacune de ces situations peut être prévenue.
Adoptée en 2014 et entrée en vigueur en 2016, la loi Eckert a considérablement renforcé la protection des adhérents et de leurs bénéficiaires. Elle impose aux assureurs de consulter chaque année le Registre national d'identification des personnes physiques (RNIPP) afin de détecter les décès survenus parmi leurs assurés. Lorsqu'un décès est identifié, l'assureur est tenu de rechercher activement les bénéficiaires. Si le capital n'est pas réclamé dans un délai de vingt ans, il est acquis à l’Etat.
La première protection contre la déshérence est une clause bénéficiaire précise. Désignez vos bénéficiaires nommément, avec leurs nom, prénom et date de naissance, si possible. Une formulation imprécise peut créer des ambiguïtés ou, en cas de changement de situation familiale, désigner involontairement une mauvaise personne. Prévoyez également des bénéficiaires subsidiaires en cas de prédécès. La précision de la clause conditionne directement le respect de votre volonté.
Signalez à vos bénéficiaires désignés l'existence de votre contrat d'assurance vie. Vous n'avez pas à en révéler les détails (montant, répartition) mais avec cette information, vos proches pourront plus facilement faire valoir leurs droits au moment voulu. Un échange oral ou un courrier conservé dans vos documents personnels suffit.
Pour que le versement se déroule dans les meilleures conditions, votre assureur doit pouvoir vous contacter à tout moment, et, si nécessaire, retrouver vos bénéficiaires. Signalez-lui tout changement d'adresse, de numéro de téléphone ou de situation familiale. Cette démarche, rapide et souvent négligée, fait toute la différence le moment venu. Pensez également à relire votre clause bénéficiaire dès que votre situation personnelle ou familiale évolue.
L'AGIRA (Association pour la Gestion des Informations sur le Risque en Assurance) est le premier interlocuteur à contacter après le décès d'un proche, lorsque vous suspectez l'existence d'un contrat d'assurance vie. Adressez-lui une demande par courrier ou via le formulaire disponible sur leur site, accompagnée d'une copie de l'acte de décès. L'AGIRA interroge alors l'ensemble des assureurs membres, qui vous répondront dans un délai légal de quinze jours ouvrés, mais uniquement si vous êtes désigné bénéficiaire sur l'un de leurs contrats.
Ciclade est la plateforme en ligne gérée par la Caisse des Dépôts et Consignations. Elle permet de rechercher des capitaux transférés à la CDC, lorsque les fonds n'ont pas été réclamés dans les dix ans suivant la prise de connaissance du décès par l'assureur. Les deux dispositifs sont complémentaires : l'AGIRA s'adresse directement aux assureurs ; Ciclade prend le relais lorsque les fonds ont déjà quitté l'assureur pour la CDC.
Une fois informé de l'existence d'un contrat dont vous êtes bénéficiaire, vous disposez de dix ans pour en réclamer le capital auprès de l'assureur. Si les fonds ont entre-temps été transférés à la Caisse des Dépôts, un délai de vingt années supplémentaires s'applique pour effectuer votre demande via Ciclade, soit un total de trente ans. Au-delà, les sommes sont définitivement acquises par l'État.
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