Fusion de l’Arrco et de l’Agirc

Les salariés du secteur privé cotisent à plusieurs régimes obligatoires pour leur retraite : au régime de base de l’Assurance vieillesse, à l'Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés (Arrco) et, pour ceux qui ont le statut de cadre, à l'Association générale des institutions de retraite des cadres (Agirc). Cette dernière accusant un important déficit, elle sera fusionnée avec l’Arrco à partir du 1er janvier 2019. Tous les salariés relèveront alors d’un seul régime de retraite complémentaire, baptisé Agirc-Arrco. Les cadres ne cotiseront donc plus qu’à un régime complémentaire au lieu de deux.

Un malus applicable pendant 3 ans

Les salariés nés en 1957 qui liquideront leur retraite de base à taux plein avant 67 ans à partir du 1er janvier 2019 subiront un abattement de 10% sur leurs retraites complémentaires pendant 3 ans, ou jusqu’à 67 ans pour ceux qui partent en retraite après leur 64e anniversaire. Autrement dit, ils toucheront la totalité des retraites complémentaires auxquelles ils peuvent prétendre à partir de la 4ème année ou à partir de 67 ans.

Ce malus sera toutefois réduit à 5% pour les retraités modestes qui sont soumis à la CSG à taux réduit de 3,8% sur leurs pensions. Par ailleurs, les retraités exonérés de CSG, ceux qui partent en retraite anticipée pour inaptitude ou handicap et les retraités de l’amiante ne subiront aucune décote.

Bon à savoir : Le malus sera plus pénalisant pour les cadres que pour les non-cadres, les retraites complémentaires des premiers représentant 60% de leurs pensions de retraite, contre 40% seulement pour les seconds.

L’annulation du malus

Pour échapper au malus et toucher l’intégralité de leurs retraites complémentaires dès la première année, les salariés devront accepter de retarder d’un an leur liquidation, à partir de la date où ils rempliront les conditions (âge et durée de cotisations) pour bénéficier d’une retraite de base à taux plein. Par exemple, un salarié né en 1957 pourra bénéficier d’une retraite de base à taux plein à 62 ans s’il a 166 trimestres de retraite. Il devra toutefois patienter jusqu’à 63 ans pour liquider ses retraites complémentaires sans malus.

Un bonus pour les plus patients

Les salariés qui remplissent les conditions pour bénéficier d'une retraite de base à taux plein mais qui accepte de différer la liquidation de leurs retraites complémentaires d’au moins 2 ans seront récompensés. Ils profiteront d’un bonus pendant une année, égal à 10% s’ils retardent leur liquidation de 2 ans, à 20% pour 3 ans et à 30% pour 4 ans ou plus. Ils toucheront alors entre 110% et 140% de leurs retraites complémentaires la première année de leur versement.

Bon à savoir : Les salariés qui travailleront jusqu’à l’âge requis pour toucher une retraite complémentaire sans malus continueront d’acquérir des points de retraite complémentaire pendant cette période. Ils valideront aussi des trimestres supplémentaires de cotisations qui leur permettront, le cas échéant, de bénéficier d’une surcote de leur retraite de base.