Deuxième journée de solidarité

Sur le modèle de la journée de solidarité du lundi de Pentecôte, créée en 2004 par Jean-Pierre Raffarin, une deuxième journée de travail non rémunérée pourrait être mise en place pour financer la prise en charge de la dépendance et du handicap. Cette possibilité a été confirmée début mai par le président de la République. Elle pourrait rapporter 2 milliards d’euros par an à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie. Une manne qui s’ajouterait aux 2,5 milliards qu’elle récolte déjà chaque année.

Certains responsables politiques sont opposés à cette solution, considérant qu’elle va rendre la vie plus difficile à ceux qui travaillent, en particulier aux salariés du secteur privé. Les responsables en charge de la dépendance pensent, eux, qu’elle ne suffira pas à financer l’explosion des dépenses liées au vieillissement de la population.

Elargissement de l’Assurance maladie

La ministre a également suggéré la possibilité d’élargir le champ des dépenses prises en charge par l’Assurance maladie, en mélangeant la partie dépendance et la partie soins dans une seule enveloppe de dépenses. Cela mettrait fin aux enveloppes séparées financées respectivement par les départements (pour les dépenses de dépendance) et par la Sécurité sociale (pour les dépenses de soins).

Mais une telle solution nécessiterait de redéfinir le périmètre de l’Ondam (Objectif national de dépenses d'assurance maladie). Actuellement, il définit l’objectif de dépenses à ne pas dépasser en matière de soins de ville et d'hospitalisation dispensés dans les établissements privés ou publics (y compris les centres médico-sociaux).

Assurances privées

L’augmentation du nombre de personnes âgées dépendantes pourrait également conduire à développer le secteur de l’assurance privée. Cette solution ne semble toutefois pas avoir les faveurs de la ministre de la Santé, car elle reposerait sur les capacités financières de chacun plutôt que sur la solidarité nationale. Le modèle assurantiel pourrait néanmoins percer dans les années à venir, certains responsables politiques militant pour cette solution. La députée UMP Valérie Rosso-Debord propose par exemple la mise en place d'une assurance privée obligatoire dès 50 ans, encadrée par l'Etat.

Vers une hausse de la fiscalité ?

Certains responsables politiques militent aussi pour que la CSG (contribution sociale généralisée) appliquée sur les retraites soit alignée sur celle payée par les actifs, afin de générer des ressources supplémentaires pour financer la dépendance. Mais face à la grogne suscitée par la hausse de la CSG sur les retraites intervenue en janvier 2018, il n’est pas certain que le Gouvernement opte pour cette solution. Il préférera peut-être augmenter la fiscalité sur les successions, comme d’autres responsables publics le suggèrent.