L’assurance vie apparaît particulièrement adaptée au financement des obsèques. Contrairement aux produits d’épargne réglementée comme le Livret A, ce placement n’est pas plafonné. On peut y verser autant d’argent que l’on souhaite et quand on veut. Il n’y a pas de cotisations obligatoires. Mais l’un des avantages de l’assurance vie, très utile en matière d’obsèques, est que le souscripteur peut désigner, grâce à la « clause bénéficiaire », la ou les personnes de son choix qui recevront les fonds placés sur le contrat à son décès.

Ces bénéficiaires désignés n’ont pas besoin d’avoir de lien de parenté avec l’assuré. Dans la clause bénéficiaire, il est non seulement possible d’attribuer un montant préalablement défini, équivalent par exemple au coût estimé des obsèques, mais aussi de préciser que cette somme devra être utilisée pour couvrir ses frais funéraires. Seule ombre au tableau : il n’y a aucun contrôle a posteriori. Une fois qu’il a reçu les capitaux, le bénéficiaire peut, en réalité, en faire usage comme bon lui semble, même si la clause bénéficiaire stipule qu’ils sont destinés au financement des obsèques.

C’est justement pour éviter cet écueil qu’ont été créées les assurances obsèques. Ces contrats de prévoyance sont spécifiquement dévolus à la prise en charge des frais funéraires. Sur le modèle de l’assurance vie, un bénéficiaire est désigné. Depuis la loi du 26 juillet 2013 de séparation et de régulation des activités bancaires et financières, les contrats obsèques sont obligés de mentionner expressément que les bénéficiaires doivent impérativement utiliser le capital pour financer les funérailles du souscripteur à hauteur de leur coût.

L’assuré détermine lui-même la somme nécessaire pour couvrir ses futures obsèques. Ce capital peut être fixe, c’est-à-dire que son montant est déterminé à la souscription. Il peut également être « évolutif », son montant fluctue alors en fonction de l’indice Insee des prix des services funéraires, ce qui évite au bénéficiaire de devoir éventuellement compléter la somme capitalisée.

Il existe aussi des assurances obsèques en prestations. Ces contrats comportent d’une part un contrat d’assurance destiné au financement et géré par un assureur et d’autre part, un contrat de prestations pris en charge par un opérateur funéraire. Au décès du souscripteur, l’assureur verse un capital à l’entreprise de pompes funèbres désignée comme bénéficiaire et cette dernière doit utiliser cette somme pour réaliser les prestations prévues. En cas de trop perçu, elle est censée redistribuer le solde aux héritiers. Au final, les cotisations sur les contrats en prestations sont souvent plus élevées que ceux sur les contrats en capital car les opérateurs funéraires ont tendance à pousser le souscripteur « à la consommation ».