Principes de l’allocation d’actifs

L’allocation d’actifs du portefeuille doit répondre à l’objectif de maximiser la performance tout en préservant la solvabilité de la mutuelle et les intérêts des adhérents. Elle est aussi régie par plusieurs contraintes. En effet, la gestion de la Carac doit tenir compte des caractéristiques des contrats gérés par la mutuelle qui sont principalement des rentes et des solutions d’épargne en euros. Ces dernières se caractérisent aussi par leur souplesse (versements libres, possibilité de rachats). Enfin, l’allocation d’actifs répond à des exigences de solvabilité liée à la réglementation Solvabilité II.

Ces objectifs sont atteints en investissant très majoritairement dans des actifs obligataires qui répondent aux besoins de visibilité des flux de trésorerie. Pour augmenter la performance globale du portefeuille, les placements sont diversifiés entre différentes classes d’actifs (les actions et l’immobilier principalement). Cette répartition fluctue dans le temps en fonction des anticipations de rentabilité et de l’évolution de leur valorisation.

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Environnement économique et financier

Une accélération de la croissance du secteur privé

Sur le plan macro-économique, les statistiques publiées depuis fin mars restent encourageantes, et confirment l’accélération de la croissance du secteur privé en France et en Europe. Les indices PMI, qui sont des indicateurs permettant de connaître l’état économique d’un secteur, sont en légère baisse (55,6 pour la France et 55,7 pour la zone euro). Mais ils sont bien au-dessus du niveau de 50, ce qui traduit une phase d’expansion de l’activité économique. Cette dynamique permet à l’INSEE de confirmer sa cible à 1,6 % de croissance en France pour 2017 (estimation à 1,8 % pour la zone euro).

Une hausse de l’euro face au dollar

Sur le marché des changes, le discours en juin de Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE), préparant les marchés à une sortie de la politique non conventionnelle menée par la BCE, a particulièrement soutenu la monnaie européenne. À fin juillet, l’euro atteint en effet 1,18 USD, revenant ainsi sur les niveaux de janvier 2015, soit avant la mise en place du Quantitative easing, la politique d’achat d’obligations par la BCE, dont l’un des objectifs a été de faire baisser le niveau de l’euro par rapport aux autres devises.

Vers une légère augmentation des taux obligataires en zone euro

Ces déclarations ont pesé également sur le marché obligataire, entraînant une légère tension sur les taux (souverains notamment). En effet, rappelons que la BCE achète, chaque mois, à l’heure actuelle 60 milliards d’euros d’obligations publiques et privées. Elle est, depuis deux ans, le premier acheteur de dette en zone euro, et pèse donc à la baisse sur les rendements des émetteurs. L’arrêt de sa politique non conventionnelle, bien que progressif, devrait donc entrainer à terme une hausse des taux en zone euro.

Les taux 10 ans des principaux pays européens se situent à des proches de ceux observés fin 2016 :

  • France = 0,80 % (contre 0,69 % au 31/12/2016)
  • Allemagne = 0,54 % (0,21 % au 31/12/2016)
  • Espagne = 1,50 % (1,38 % au 31/12/2016)
  • Italie = 2,09 % (1,82 % au 31/12/2016)

Des marchés actions en hausse depuis janvier

Les marchés actions sont toujours en hausse depuis le début de l’année, tant en Europe (+ 4,76 % sur le CAC 40 à fin juillet, + 4,83 % pour l’Eurostoxx 50) qu’aux États-Unis (+10,34 % pour le SP 500).

Après un pic en mai suite à l’élection d’Emmanuel Macron (+11,72 % le 5 mai 2017 pour le CAC 40 à 5432.40, un plus haut de 10 ans), mettant un terme à l’incertitude politique qui régnait alors, une lente consolidation s’est mise en place en Europe. Ceci s’est traduit par un léger regain de volatilité (l’indice V2X, mesurant la volatilité de l’Eurostoxx 50, est tombé à 11.16 le 13 mars 2017, pour remonter à 13.90 à fin juillet ; à comparer à sa moyenne sur 3 ans qui est de l’ordre de 21). Après être remontés après les élections, les volumes échangés sont retombés à des niveaux planchers, signe du manque de conviction des investisseurs face aux niveaux élevés des différents marchés à travers le monde. Des records historiques ont été atteints pour les principaux indices actions aux États-Unis particulièrement.

Le repli des indices européens, qui contraste avec cette hausse continue aux États-Unis, est en partie imputable à la hausse de l’euro. 

La politique d’investissement selon les actifs

Répartition des actifs au 31/07/2017

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Actions : réalisation des objectifs annuels de plus-values

Depuis la fin mars, la Carac a continué à profiter de la hausse des marchés pour alléger son exposition actions et réaliser l’ensemble de ses objectifs de plus-values annuels.

Les ventes ont de nouveau porté sur le Japon (liquidation de la poche), mais aussi sur les pays émergents (liquidation des positions également) et les États-Unis. Les performances de la zone Japon sont en effet considérées comme décevantes comparées à l’Europe et aux États-Unis. Concernant les pays émergents, le fait d’être soumis au risque de change (ce qui augmente le coût en fonds propres), et à des performances beaucoup plus volatiles et souvent en retrait, nous a amenés à sortir de cette zone pour le moment. Enfin, concernant les États-Unis, les ventes ont porté sur les fonds investis en valeurs technologiques ; ces dernières ont effet connu un très beau parcours en 2017, ce qui nous amène à sécuriser une partie de nos bénéfices.

Nous avons donc mis à profit la phase de lente consolidation, qui a fait suite à l’élection d’Emmanuel Macron, pour initier des achats sur les actions européennes, ainsi que sur les convertibles. La Carac a plus vendu d’actions cotées qu’elle n’en a acheté en 2017 ; le niveau élevé des marchés ne nous permettant pas de réinvestir facilement l’intégralité de ce qui a été vendu.

Evolution de la part sur 3 ans glissants

31/07/2014

31/07/2015

31/07/2016

31/07/2017

10,04%

12,44%

11,70%

12,19%

Evolution de la part sur 3 ans glissants

zones_geographiques

Obligations : renforcement des obligations souveraines et publiques

Sur le premier trimestre, nous avons profité du mouvement général de hausse des taux européens pour nous renforcer en obligations souveraines et publiques, particulièrement sur la France, profitant ainsi des tensions préélectorales, mais également sur d’autres pays européens tels que l’Irlande ou l’Espagne. Ces achats sur des obligations gouvernementales à taux fixe de maturité longue se sont inscrits dans notre politique d’augmentation de la duration de notre actif ainsi que de la maîtrise du risque de crédit.

À compter du mois d’avril, nous avons repris notre stratégie visant à investir sur les segments de marché non éligibles au programme de Quantitative Easing de la BCE, à savoir les obligations d’entreprises non européennes, les émissions bancaires senior et les émissions financières subordonnées.

Nous avons aussi bénéficié du règlement des achats à terme d’OAT initiés en 2013, qui ont permis d’entrer en portefeuille des titres à des taux de rendement très compétitifs.

Le segment des obligations d’entreprises étant toujours, à notre sens, surévalué du fait du programme d’achats de la BCE, nous avons plutôt été net vendeurs sur ce segment.

Répartition du portefeuille obligataire par ratings au 31/12/2016

repartition_obligations

Répartition du portefeuille obligataire en valeur boursière

Etats (majoritairement Europe, France, Italie, Espagne). Pas d’investissement en Grèce

38,50%

Agences d'Etats (ex. Caisse d’Etat de l’amortissement de la dette sociale) ou organismes dont l’Etat est l’unique actionnaire 

14,30%

Entreprises

47,20%

Total

100%

Immobilier : investissement privilégié dans le « papier »

Depuis le début de l’exercice, il n’y a pas eu d’investissement en l’immobilier en direct. 23 millions d’euros d’engagements ont été pris dans des fonds (immobilier commercial, tertiaire).

Répartition de la part immobilière (en valeur boursière) au 31/07/2017

Détenu en direct (majoritairement de l’investissement locatif d’habitation)

79,43%

Fonds immobiliers

20,57%

Total

100%

Monétaire : stabilisation de la trésorerie

Cette classe d’actifs reste stable et permet de disposer de liquidité pour payer les prestations de nos garanties, puis de conserver une capacité d’investissement.

Le réinvestissement d’une partie des ventes des actions ainsi que l’arrivée à échéance des achats à terme sur la dette française, nous ont permis de ne pas faire augmenter la trésorerie.

Elle est passée de 7,3 % (en valeur boursière) au 31 décembre 2016 à 4,4% au 31 juillet 2017. Ceci correspond à notre politique financière, qui vise à maintenir la trésorerie à un niveau maximum de 4 %, afin de préserver le rendement de l’actif général.